La pierre sèche, une technique millénaire !
Technique millénaire inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2018, la pierre sèche consiste à construire sans aucun liant entre les pierres. À la fois écologique, durable et esthétique, elle offre de nombreux avantages : des ouvrages solides et pérennes, des structures naturellement drainantes qui limitent l’érosion, mais aussi des habitats précieux pour la faune et la flore locales.
Les murs et aménagements en pierre sèche constituent également un patrimoine remarquable. Reflets de la géologie locale, ils structurent les paysages et témoignent de savoir-faire traditionnels développés au fil des siècles.
Un patrimoine menacé…
Aujourd’hui, la pierre sèche souffre d’un manque de reconnaissance et de transmission. Trop souvent, les ouvrages en pierre sèche sont abandonnés, mal entretenus ou réparés avec du ciment, ce qui leur fait perdre leurs propriétés et leur authenticité. D’autres sont supprimés purement et simplement et remplacés par des solutions plus modernes – murs en blocs, éléments en béton ou gabions.
Au-delà de la disparition d’un savoir-faire ancestral, c’est tout un patrimoine paysager et écologique qui s’efface progressivement.
Deux chantiers-formations pour transmettre le savoir-faire :
Dans le cadre de l’aménagement paysager de deux portes d’entrée du Parc national de la Vallée de la Semois, et grâce à la collaboration entre le Parc naturel de la Vallée de la Semois et le projet « Gaume Patrimoine » du Parc naturel de Gaume, deux réalisations en pierre sèche ont vu le jour à Rossignol et à Paliseul.
Proposés sous forme de chantiers participatifs, ces projets ont permis à une quinzaine de bénévoles d’être encadrés par un murailleur qualifié CQP reconnu par l’Agence wallonne du Patrimoine. Les participants ont ainsi pu découvrir les principes fondamentaux de la construction en pierre sèche : implantation de l’ouvrage, réalisation de la première assise, gestion du fruit (l’inclinaison du mur), choix et disposition des pierres, mise en place des boutisses assurant la cohésion de l’ensemble, taille des pierres et pose des pierres de couvrement.
📍 Le 27 mars, sous une pluie bien belge, une spirale à aromates en schiste a été construite dans le jardin du parc à Rossignol.
📍 Le 30 mai, sous un soleil estival, un muret décoratif en schiste a été réalisé à l’ancienne école de la gare à Paliseul.
Des aménagements utiles à la biodiversité.
Au-delà de leur intérêt paysager et patrimonial, ces réalisations s’intègrent dans des projets plus larges d’amélioration de la biodiversité. Installées à proximité de mares, de prairies fleuries ou encore de haies sèches, elles offrent des refuges pour de nombreuses espèces tout en renforçant la qualité écologique des sites.
Et ce n’est pas fini !
Ces ouvrages constituent les premières étapes de projets plus ambitieux et ne sont pas encore achevés. Les prochaines formations permettront de poursuivre leur construction tout en offrant à de nouveaux participants l’occasion de se former à cette technique traditionnelle.
➡️ Deux nouvelles formations seront organisées cet été à Rossignol et à Paliseul afin de poursuivre ces réalisations. Restez connectés pour connaître les prochaines dates !
👏 Merci aux bénévoles pour leur engagement et leur enthousiasme ; et aux formateurs Nicolas et Geoffroy (Habilux) pour la transmission de son savoir-faire.
Pour aller plus loin :
Réseau belge de la pierre sèche : https://pierresechebelge.be/
Projet ECOPIERRE : https://www.ecopierre.eu/
*Pierres en partie offertes par « Les Ardoisières d’Herbeumont s.a. ». Le schiste, bien que plus typiquement ardennais, a donc également été utilisé à Rossignol, alors qu’on rencontre en Gaume plutôt des murs blocs équarris en grès calcaire ou en calcaire coquiller (pierre ‘jaune’ ou ‘de France’).






